Lorsque plusieurs communes assument une tâche commune – que ce soit dans le domaine de l’aide sociale, de l’école ou du centre d’entretien – une question centrale se pose rapidement : dans quelle mesure notre collaboration fonctionne-t-elle réellement ?
Qui supporte quels coûts ? Quelle est l’efficacité de nos structures ? Et où y a-t-il un potentiel d’amélioration ? Un instrument efficace pour répondre systématiquement à ces questions est le benchmarking dans le cadre de la collaboration intercommunale. Et un exemple concret de bonne pratique dans le canton de Soleure montre à quel point il peut être efficace.
Meilleure pratique : benchmarking des régions sociales dans le canton de Soleure
Dans le canton de Soleure, 13 régions sociales ont été comparées entre elles – différentes formes d’organisation, différentes charges de cas, différentes conditions de fonctionnement. L’objectif n’était pas d’établir un classement, mais d’obtenir une plus grande transparence sur l’efficacité, les structures de coûts et, dans la mesure du possible, la qualité de la prestation de services.
La Conférence des présidents des affaires sociales a demandé le développement d’un système d’indicateurs standardisé, qui a été élaboré en étroite collaboration avec le comité de pilotage – composé de représentants opérationnels et politiques – et publicXdata. Le résultat : une image fondée et factuelle des prestations et des structures opérationnelles des régions participantes.
Concrètement, un système d’indicateurs systématique a été mis au point afin de présenter de manière transparente et compréhensible les principales relations de cause à effet dans les régions sociales. L’objectif était de mettre en évidence les principaux facteurs d’influence sur la structure des coûts et l’efficacité, tant d’un point de vue opérationnel que qualitatif, sur la base de données robustes.
Le graphique ci-dessous illustre le système d’indicateurs ainsi développé en prenant l’exemple de l’exploitation opérationnelle :
L’indicateur central est celui des « coûts non couverts par habitant (CNO)« . Les coûts non couverts par habitant sont l’indicateur pertinent pour les communes, car ils déterminent dans quelle mesure le fonctionnement des régions sociales doit être financé par des fonds communaux en plus des montants de compensation des charges. Ce ratio est influencé par deux facteurs :
- Efficacité des coûts – mesurée par le coût brut d’exploitation par cas géré. Cet indicateur montre l’effort financier moyen consacré à la gestion d’un cas.
- Charge de cas – représentée par le nombre de cas gérés pour 1’000 habitants. Il s’agit de la charge de travail d’une région par rapport à sa population.
Le rapport coût-efficacité peut quant à lui être divisé en deux autres composantes d’impact :
- L‘effet prix (coût brut d’exploitation par ETP) indique le coût de l’emploi de personnel dans une région, c’est-à-dire le coût moyen d’un emploi à temps plein (Full-Time Equivalent). Les facteurs d’influence sont
- Frais généraux par ETP (par exemple, infrastructure, informatique, direction et support)
- Coûts de personnel par ETP
- L‘effet de volume (cas gérés par ETP) représente le nombre de cas gérés par un professionnel moyen. Ce ratio reflète la productivité des opérations et est influencé, entre autres, par
- Proportion de types de cas ou de groupes de produits (par exemple, aide sociale ordinaire, aide sociale à l’asile et protection de l’enfant et de l’adulte), car les différentes prestations nécessitent des ressources différentes.
- Les conditions organisationnelles telles que la culture d’entreprise, l’organisation et les processus, ainsi que les économies d’échelle (par exemple grâce aux économies d’échelle) peuvent également jouer un rôle.
En plus des données relatives aux coûts et aux quantités, le système d’indicateurs prend également en compte les aspects qualitatifs du personnel. Les indicateurs relatifs à la rotation du personnel, aux arrêts maladie et à la formation initiale et continue fournissent des informations sur la stabilité et l’évolution du personnel dans les régions sociales. Ces facteurs influencent non seulement la structure des coûts, mais aussi la qualité et la continuité des services fournis.
Les connaissances acquises et l’approche méthodologique montrent la valeur ajoutée générale d’un processus de benchmarking pour les coopérations intercommunales – quel que soit le domaine de prestations.
Pourquoi le benchmarking est si précieux dans la coopération intercommunale
La coopération intercommunale fait depuis longtemps partie du quotidien – les communes unissent leurs forces pour travailler plus efficacement, fournir des prestations de manière professionnelle et faire face à la pénurie de personnel qualifié. Mais ce qui fait souvent défaut, c’est une évaluation structurée : à quel point cela fonctionne-t-il vraiment ? Et par rapport à qui ?
Un benchmarking apporte précisément ce niveau de comparaison :
- Il fournit des bases objectives pour les discussions politiques et professionnelles.
- Il permet de comprendre les différences et leurs causes.
- Il permet de rendre visibles les meilleures pratiques – et d’apprendre les uns des autres.
- Il favorise la capacité stratégique des organismes responsables et des comités de pilotage.
Un tel instrument ne renforce pas seulement la transparence – c’est un outil de gestion active pour de meilleures décisions basées sur des faits.
Apprendre plutôt qu'évaluer : le bon focus dans le benchmarking
Une caractéristique centrale du projet soleurois était l’orientation vers l’apprentissage plutôt que vers les valeurs. Les indicateurs n’ont pas servi à évaluer ou à critiquer les régions sociales individuelles, mais à :
- de mettre en évidence les relations (par exemple entre la charge de travail et la structure des coûts),
- identifier les potentiels d’efficacité (par exemple en analysant l’utilisation du personnel ou des frais généraux),
- et de permettre des discussions structurées.
C’est précisément grâce à cette focalisation sur la compréhension et l’échange systémiques que le benchmarking doit devenir un catalyseur de dialogue et d’amélioration – un effet qui peut également être obtenu dans d’autres domaines de coopération communale.
Comment le benchmarking favorise le dialogue et la confiance
Au-delà des chiffres, le plus grand bénéfice d’un benchmarking intercommunal est sans doute de réunir des personnes autour d’une table, avec un objectif clair : apprendre les uns des autres.
Qu’il s’agisse d’administrateurs, de présidents de communautés ou de décideurs politiques, ils disposent tous d’une base commune pour parler d’efficacité, d’impact et d’équité. Cela favorise :
- Confiance entre communautés
- Compréhension des différents défis
- Responsabilité pour des solutions communes.
Comparaison pluriannuelle plutôt qu'analyse unique
Un benchmarking ponctuel est un instantané précieux, mais il prend toute sa force lorsqu’il est répété. Les indicateurs annuels permettent de mettre en évidence les évolutions, de mesurer les succès et de vérifier les objectifs.
Le projet des régions sociales prévoit donc une mise à jour annuelle des données de benchmarking. Il en résulte un processus d’apprentissage et de pilotage continu – un modèle qui présente également un grand potentiel dans d’autres domaines.
Ce que les autres communautés peuvent apprendre du projet
Même si le benchmarking de Soleure s’est concentré sur le secteur social, les enseignements tirés sont transposables. Il est possible d’adapter la démarche à chaque prestation communale :
- Créer des normes de données uniformes : Seuls des indicateurs comparables permettent d’obtenir une vue d’ensemble valable.
- Promouvoir une culture d’apprentissage ouverte : Le benchmarking n’est pas une compétition, mais un voyage commun vers l’amélioration.
- Assurer la transparence vis-à-vis des politiques et de la population : Communiquer ouvertement, c’est gagner la confiance.
- Ancrer les formats d’échange : les résultats doivent être discutés et développés – et non pas rangés dans un tiroir.
C’est précisément cette approche globale que poursuit notre benchmarking complet des communes suisses. Celui-ci couvre les domaines de performance pertinents – de l’administration à l’éducation et aux affaires sociales en passant par les infrastructures – et offre ainsi une base solide pour des comparaisons fondées et des processus d’amélioration communs.
Conclusion : un outil pour une meilleure collaboration
L’exemple de Soleure montre clairement que le benchmarking dans la coopération intercommunale est bien plus qu’un instrument d’analyse technique. C’est un levier stratégique – pour plus de transparence, pour une meilleure gestion et pour une nouvelle qualité de coopération entre les communes.
Connaître ses propres performances permet de les améliorer. Comprendre ce que les autres font de mieux permet d’en tirer des enseignements. Et si l’on a le courage de regarder ensemble, on dispose des meilleures conditions pour progresser ensemble.
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Nous vous accompagnons volontiers – avec notre expérience, notre méthodologie et un regard extérieur neutre.
Manuel Stauffer
Manuel travaille avec passion pour publicXdata AG depuis octobre 2021. Il a consacré une grande partie de sa carrière professionnelle à la gestion efficace dans les organisations, en dernier lieu en tant que responsable du contrôle de gestion dans le secteur des matériaux de construction. Aujourd’hui, il est responsable du développement de nouveaux produits dans l’ensemble du portefeuille de publicXdata AG, de l’idée jusqu’à la mise sur le marché. Il met également à profit sa vaste expertise dans des projets de conseil ciblés auprès des clients.